Transparence des salaires : une petite révolution pour 2026
À la machine à café, on demande rarement à ses collègues : et toi, combien tu gagnes ? En France, parler d'argent, c'est encore un peu tabou. Mais ça va changer. D'ici juin 2026, la directive européenne sur la transparence des rémunérations va débarquer. Et elle pourrait bien transformer les relations de travail.Concrètement, qu'est-ce qui va changer ? Fini les annonces vagues du type "salaire à définir" ou "selon profil". Les entreprises devront obligatoirement indiquer le niveau de rémunération dans leurs offres d'emploi, soit un salaire précis, soit une fourchette. Et les recruteurs ne pourront plus vous poser la fameuse question piège : "Quel était votre salaire dans votre dernier poste ?" Cette pratique sera tout simplement interdite. Parce qu'elle perpétue un mécanisme sournois : si vous avez été sous-payée dans votre ancien job, cette information tire vos futures rémunérations vers le bas.Une fois en poste, chaque salarié pourra demander des informations sur les niveaux de rémunération moyens par sexe des personnes qui occupent le même type de poste. Primes incluses. Vous pourrez savoir si vos collègues masculins gagnent significativement plus que vous pour le même travail. Et c'est ça qui fait trembler les entreprises, car jusqu'ici les écarts injustifiés restaient bien planqués sous les non-dits et le tabou de l'argent.Autre révolution : le renversement de la charge de la preuve. Jusqu'à maintenant, si vous pensiez subir une discrimination salariale, c'était à vous de le prouver. Désormais, si les faits laissent présumer une discrimination, ce sera à l'employeur de démontrer qu'il respecte l'égalité de rémunération.Est-ce que cette directive va régler toutes les inégalités salariales ? Non. Elle n'aura pas d'impact sur le temps partiel qui concerne 80% de femmes, ni sur la ségrégation professionnelle, ni sur le plafond de verre. Mais elle va mettre la pression sur les entreprises pour qu'elles arrêtent de faire semblant et respectent enfin la loi. Dans un pays où parler de salaire reste tabou, c'est une petite révolution.Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.Pour aller plus loin :👉 Retrouve les Chroniques du Sexisme Ordinaire sur Instagram et abonne-toi à la newsletter.👉 Toutes les infos sur le podcast, le spectacle et le livre : https://chroniquesdusexismeordinaire.com/👉 Mon livre "Guide de déconstruction du sexisme au travail" aux éditions Pearson, disponible en librairies.Crédits :Écriture, voix : Marine-Pétroline SoichotProduction : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&SimoneMontage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquencesMise en ligne et communication : Agence Alan / Alan RaymondMots-clés :transparence salariale, directive européenne, égalité professionnelle, écart salarial, rémunération, discrimination, inégalités de genre, salaires, travail, entreprise, féminisme, droits des femmes, recrutement, négociation salariale Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.